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Transports

RATP. La direction propose des miettes, première journée de grève ce jeudi 8 février pour les salaires

Les négociations annuelles obligatoires (NAO) se poursuivent à la RATP, mais les propositions restent bien en deçà du niveau de l’inflation. Alors qu’une journée de grève est appelée ce jeudi 8 février, il faut s’appuyer sur cette date pour arracher bien plus.

Louisa Eshgham

8 février

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RATP. La direction propose des miettes, première journée de grève ce jeudi 8 février pour les salaires

Crédit photo : Wikimedia commons

Il y a quelques semaines, la direction de la RATP proposait aux organisations syndicales des augmentations dérisoires de 0,9% dans le cadre des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), soit à peine 20 euros bruts mensuels pour un agent payé 2.000€ par mois. Une proposition ridicule unanimement refusée par les organisations syndicales.

Le 6 février, une nouvelle réunion de négociation s’est tenue à ce sujet. A cette occasion, la direction a annoncé proposer d’augmenter les salaires de 100 euros bruts mensuels, soit 15 points. Mais à y regarder de plus près, cette annonce se révèle largement trompeuse. En réalité, la proposition consiste en une augmentation échelonnée : 50 euros bruts mensuels à partir de juin 2024, puis 50 euros bruts mensuels de plus à compter de… décembre 2024, soit dans près d’un an. Ce n’est qu’à ce moment-là que les agents toucheraient réellement cette augmentation de 100€ bruts, qui correspond à 78€ net, pour l’échelon 1. D’ici à juin par contre, la direction ne propose aucune augmentation.

Quoi qu’il en soit, ces propositions sont bien en deçà de l’inflation (+4,9% pour l’année 2023), sans compter que ce taux est bien plus élevé s’agissant de certaines dépenses élémentaires qui occupent une grosse part du budget pour les foyers les plus modestes, tel que le taux d’inflation sur les produits alimentaires (+17,9% entre janvier 2022 et août 2023).

En somme, des augmentations qui arriveraient très tard et en deçà de la hausse du coût de la vie, alors que dans le même temps les travailleurs de la RATP subissent une importante casse de leurs conditions de travail. Pourtant, FO et l’UNSA ont d’ores et déjà communiqué leur satisfaction suite à ses nouvelles propositions de la direction. FO s’est empressé d’annoncer qu’elle acceptera la proposition et l’UNSA se prononcera dans les prochains jours.

Dans le même temps, une journée de grève aura lieu ce jeudi 8, journée qui n’est même pas évoquée dans les tracts de ces deux organisations syndicales rendant compte des négociations.

Grève du 8 février : un point d’appui pour arracher de réelles augmentations de salaire

Depuis plusieurs semaines et à l’initiative de la CGT-GISO, qui correspond au secteur de la maintenance (MRF), la date du 8 février a été annoncée et installée dans le paysage comme une première journée de mobilisation pour aller chercher de réelles augmentations de salaires, en réponse à la proposition humiliante de 0,9% faite par la direction.

La CGT tram et bus a suivi cet appel, autour d’une revendication claire : 300€ d’augmentation de salaire pour toutes et tous, soit 50 points. Au-delà de la question des salaires, la dégradation sans précédent des conditions de travail a largement contribué à alimenter la colère des agents. Les flux de voyageurs en hausse, les défaillances techniques, les problèmes de matériel et un management de plus en plus agressif rendant le travail au sein de la régie de plus en plus difficile.

A quelques mois des Jeux olympiques, les travailleurs de la RATP et des transports en général savent qu’ils sont essentiels à la tenue de l’événement et qu’il n’y aura pas de JO sans eux. La direction en a, elle aussi, bien conscience et essaie d’acheter la paix sociale avec des primes dérisoires tout en refusant d’augmenter les salaires. Dans ce contexte, il existe une brèche indéniable pour instaurer un réel rapport de force, seul à même d’obtenir des augmentations de salaires conséquentes, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail.

La date du 8 constitue un premier pas en ce sens. La journée s’annonce d’ores et déjà très suivie du côté de la maintenance, et si cette seule journée ne suffira pas, elle est un point d’appui pour que les agents des différents secteurs de la RATP se rencontrent et élaborent ensemble un plan pour la suite. A l’automne dernier, le mouvement de grève des agents de la maintenance de la RATP avait pesé dans la balance et obligé la régie à faire des concessions – bien que limitées – lors des NAO, en allouant des augmentations un peu plus élevées que ce qu’elle proposait initialement. Un exemple à suivre pour aller plus loin cette fois.


        
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