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Internationalisme

« Liberté pour la Palestine ! » En Grèce, les étudiants rejoignent la mobilisation internationale

Depuis le début de la semaine dernière, les universités grecques se mobilisent en soutien au peuple palestinien et dénoncent le génocide à Gaza. Ce lundi soir, des milliers de personnes se sont rassemblées dans toute la Grèce aux couleurs de la Palestine et des étudiants ont occupé la fac de droit. Une mobilisation à laquelle le gouvernement répond par la répression.

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« Liberté pour la Palestine ! » En Grèce, les étudiants rejoignent la mobilisation internationale

Crédits photo : PAME

Des milliers de personnes étaient rassemblées ce lundi soir devant l’Université nationale d’Athènes pour dénoncer le génocide à Gaza. À l’appel des comités d’étudiants de philosophie, mathématiques, géologie, dentisterie, médecine, sociologie, enseignement et ingénierie et de différentes organisations syndicales et politiques, les manifestants ont appelé à la fin des massacres, installant des tentes et lâchant des lanternes dans le ciel. Les étudiants de l’école des Beaux-Arts ont réalisé une grande peinture murale en hommage au peuple palestinien, plusieurs concerts ont été donnés et des réfugiés Palestiniens ont dansé, rappelant que « ce peuple ne baissera pas la tête ».

Les organisateurs ont également diffusé un message de la Palestinienne Suzan Tayseer Salam, présidente de l’Union des syndicats palestiniens : « Depuis la Palestine, je vous invite à renforcer encore davantage la lutte, à élever la voix et à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à l’attaque contre la Palestine et la bande de Gaza, en particulier à Rafah. Ce qui se passe en Palestine est un crime contre l’humanité, Israël, les Etats-Unis, l’OTAN et l’UE assassinent le peuple de Palestine" et a insisté sur le fait que "quoi qu’ils fassent, nous ne céderons pas, la Palestine ne cédera pas, liberté pour la Palestine ! »

Toujours à Athènes, ce lundi soir, les étudiants de l’Université de Droit ont lancé une occupation de la fac.

À Thessalonique, des étudiants ont également installé des tentes et déployé une banderole aux couleurs de la Palestine. Christina Stamoulis, présidente de l’association des étudiants en chimie à l’université de Thessalonique, explique auprès de la presse locale : « Nous voyons depuis des mois des enfants morts et des charniers alors qu’une très grande partie de la population est coincée à Rafah. Nous sommes choqués par les images d’horreur et nous voulons que le gouvernement de Nouvelle Démocratie cesse de soutenir Israël. »

Les étudiants revendiquent ainsi la fin de la guerre en Palestine, le retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza, la reconnaissance de la Palestine comme État indépendant, le retrait du soutien du gouvernement grec à Israël, la rupture des partenariats économiques et de recherche des universités grecques avec l’État d’Israël et la fin de l’implication de la Grèce dans la guerre. Une des revendications constitue en ce sens le retrait de la frégate Hydra qui a été envoyée en mer Rouge pour participer aux opérations des États-Unis et de l’OTAN contre les milices houthistes. La Grèce est en effet militairement impliquée au Moyen-Orient, puisqu’en plus de la frégate Hydra qui participe à l’opération « Boucliers », la frégate Spetses se trouve au Liban et une batterie de missiles Patriot se trouve en Arabie saoudite, où elle contribue à la défense aérienne du royaume et à la protection des installations pétrolières.

À La Canée, en Crète, un rassemblement était également organisé ce lundi à l’initiative de l’association des étudiants agriculteurs de l’Université technique de Crète et de différentes organisations. Dans leur appel, les étudiants affirment que « Le gouvernement de la Nouvelle Démocratie et les partis qui soutiennent l’implication et le soutien de notre pays à Israël, à savoir SYRIZA, PASOK et Solution Grecque (parti d’extrême-droite), qui soutiennent le droit d’Israël à l’autodéfense, sont également largement responsables » de la situation en Palestine, avant d’ajouter : « nous ne tolérons pas que des millions du budget de notre pays soient donnés aux machines de guerre de l’OTAN, nous ne tolérons pas que des frégates partent d’ici, de la base de Souda, pour aller en mer Rouge, où l’argent dépensé quotidiennement par la frégate Hydra, qui est de 500 000 euros, est l’argent nécessaire pour construire des hébergements d’urgence, alors que nous connaissons tous la situation des maisons et des loyers ici à La Canée. Nous nous battons également pour que nos universités ne soient pas impliquées dans de tels projets, comme cela s’est produit il y a deux ans avec l’Université technique de Crète qui a organisé une université d’été sous les auspices de l’OTAN. »

La Crète abrite en effet la base navale de Souda, un endroit clé de la stratégie militaire de l’OTAN en Méditerranée puisqu’elle a une importance capitale pour la collecte de renseignements et fournit un soutien et des services logistiques essentiels pour les navires américains et alliés qui opèrent en Méditerranée orientale ou y transitent. D’autres bases militaires en Grèce sont également importantes pour l’OTAN, comme la base militaire de Larissa qui accueille les drones armés américains Reapers ou la base militaire de Stefanovikeio, qui accueille les chasseurs F-16 et les hélicoptères Apache.

Des appels à mobilisation ont également été lancés à Patras pour ce mercredi 15 mai en commémoration des 76 ans de la Nakba ainsi que dans d’autres villes comme à Ioannina, au Nord-Ouest de la Grèce. Alors que la Grèce constitue un relais militaire privilégié de l’impérialisme américain en Méditerranée, les étudiants grecs suivent les pas de ceux de Columbia et de Sciences Po et appellent à poursuivre et élargir le mouvement. D’ores et déjà, des sections syndicales dans le secteur de la construction, de la télécommunication et des technologies de l’information, du commerce, de la restauration, du tourisme, de l’hôtellerie et de l’énergie ont appelé à rejoindre le mouvement.

Comme en France, face au spectre d’un mouvement étudiant anti-impérialiste, le gouvernement de droite a répondu par la répression. Ce mardi matin, la police a évacué l’occupation de l’Université de Droit et interpellé 28 étudiants. Une répression qui fait écho à celle des 88 étudiants de la Sorbonne et de Sciences Po, mis en garde-à-vue pour avoir occupé leur lieu d’étude et dénoncé un génocide. À l’heure où Israël poursuit son offensive à Rafah, la jeunesse du monde entier montre la voie. Comme le rappellent les étudiants grecs, « l’histoire a un bon côté : il est avec la Palestine ».


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