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Transports

« Ils sont fébriles » : face au mépris de la direction, les grévistes de Keolis Montesson reconduisent !

Après 16 jours de grève, la direction de Keolis Montesson se montre fébrile. En réponse à de fausses propositions de négociations, les grévistes sont descendus ce mercredi dans les locaux de la direction pour la confronter.

Olive Ruton

28 septembre 2023

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« Ils sont fébriles » : face au mépris de la direction, les grévistes de Keolis Montesson reconduisent !

Ce lundi, la grève des conducteurs de bus de Keolis Montesson a été reconduite pour une nouvelle semaine. La détermination des grévistes reste très ferme, avec l’idée que ces 15 jours de sacrifices ne doivent pas avoir été faits pour rien. Pour l’ensemble des grévistes, la direction doit lâcher sur leurs revendications liées aux conditions de travail, constamment dégradées par l’ouverture à la concurrence, et pour récupérer leurs primes d’intéressement et de participation.

Face à la radicalité d’une grève qui ne faiblit pas, avec un taux de grévistes à 90 % et condamnant ainsi toute l’activité du dépôt, la direction de Keolis a tenté ce lundi une première approche. Une « proposition » qui consistait à suggérer aux grévistes de poser leurs jours de repos sur la durée de la grève et de reprendre le travail comme s’y de rien était.

En prétextant par-là se soucier de la perte de salaire des grévistes et proposer des solutions aux conducteurs pour la combler, c’est la reprise du travail que la direction cherche à accélérer. Les grévistes ont catégoriquement refusé cette proposition et exigé l’ouverture de négociations sur la base de leurs revendications. « C’est se moquer de nous, ils ne nous donnent rien, il est hors de question de céder à ça !  » nous résume Amine, délégué Sud Solidaires et conducteur au dépôt de Montesson.

Face à une direction méprisante, les grévistes montrent leur détermination !

Pour confronter l’entreprise, les grévistes se sont tous rendus ce mercredi matin au dépôt d’Argenteuil où se trouvent les bureaux de leurs dirigeants. Un objectif : montrer à la direction que c’est au collectif des grévistes qu’elle va devoir s’affronter, et arrêter la mascarade des négociations feintes exclusivement face aux délégués syndicaux. « Aujourd’hui ce qu’on discute c’est pour l’ensemble des salariés. Il vous faut discuter avec l’ensemble des salariés ! » ont ainsi affirmé les grévistes face au directeur forcé de descendre de son bureau.

Face à l’exigence du directeur de ne recevoir qu’une délégation réduite, les grévistes ont voté à l’unanimité le retour au dépôt et le fait d’y recevoir la direction tous ensemble. Après avoir accepté, la direction de l’entreprise a finalement annulé sa venue à l’heure du rendez-vous. Cette annulation, au-delà de générer une forte colère chez les salariés, est aussi vue par beaucoup d’entre eux comme un aveu de faiblesse de l’autre camp. « On voit qu’ils sont fébriles, il va falloir qu’ils lâchent le morceau ! » lancent les grévistes sur le piquet en discutant de la suite du mouvement.

Mise sous pression de toutes parts après 16 jours sans faire circuler les bus du dépôt, la direction de Keolis se retrouve dans une position difficile à tenir face à des grévistes qui comptent ne rien lâcher. Les usagers, mais aussi des élus et maires du secteurs commencent à interpeller l’entreprise. C’est le cas d’Eric Dumoulin par exemple, maire de Chatou, qui appelle Keolis à « trouver des solutions à une sortie de crise, le plus rapidement possible. »

Les grévistes de leur côté rassemblent de plus en plus de soutien, en recevant sur leur piquet des usagers ainsi que des délégations d’étudiants, d’élus, de militants syndicaux, et de travailleurs de plusieurs secteurs. Sacko, militant Sud et gréviste, le déclare : « La solidarité est là, la force est là, et les soutiens sont infaillibles ! On continuera le combat ! ». A ce stade de la grève et aussi entourés, la détermination du mouvement contraste avec la fébrilité de la direction de Keolis. Pour aller jusqu’au bout et faire de ce soutien une véritable force, il est important d’aller soutenir les grévistes, mais aussi de donner à leur caisse de grève, pour que le poids de la perte financière ne soit pas un frein à la victoire.


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