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Xénophobie

Enfermement de migrants dans le stade de Cavani à Mayotte : une agression xénophobe

Ce week-end, les Forces Vives de Mayotte ont verrouillé l’accès au campement de Cavani empêchant ainsi entrées, sorties et même soins aux réfugiés. Une action dans la droite lignée de la surenchère xénophobe et réactionnaire menée par la classe politique mahoraise et le gouvernement Macron.

Maëva Amir

18 mars

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Enfermement de migrants dans le stade de Cavani à Mayotte : une agression xénophobe

Crédit photo : Daniel Gros, campement de Cavani, février 2024

Du vendredi 15 mars 18 heures au dimanche 17 mars 13 heures, les Forces Vives de Mayotte, collectifs d’habitants anti-immigrés, ont vérouillé l’accès au campement de Cavani. Ce camp abrite depuis plusieurs mois des réfugiés africains qui ont fui les persécutions de leurs pays d’origine. Le but affiché était d’empêcher toute entrée et sortie de ces réfugiés qui n’ont d’autres choix que de vivre dans ce stade dans des conditions atroces. Un pas de plus dans l’horreur.

Daniel Gros, habitant de Mayotte, relate dans un billet du blog de Mediapart l’horreur de la situation. Les réfugiés ont appelé plusieurs fois la police mais les agents au bout du fil leur ont systématiquement répondu qu’ils avaient reçu l’ordre de ne pas intervenir. Dimanche matin, la situation a manqué de tourner au drame puisqu’une mère malade et sa fille de 14 ans sont passées par-dessus le portail pour se rendre à l’hôpital. Une femme enceinte a voulu faire de même et est tombée de 2 mètres. Puisque les secours ne pouvaient pas entrer, les réfugiés ont dû fabriquer un brancard de fortune pour transporter la femme blessée jusqu’au parking.

Toujours selon Daniel Gros, les Forces Vives en présence ont alors refusé d’ouvrir le cadenas, malgré les risques pour la femme blessée. Les résidents du stade ont donc rompu la chaine avec une barre de fer pour l’escorter. Cet acte totalement réactionnaire des Forces Vives intervient dans un contexte où les riverains du stade de Cavani avaient donné jusqu’au 10 mars au préfet de Mayotte pour démanteler le camp des migrants africains. C’est donc une manière de continuer à instaurer un climat de terreur, en plus des insultes et menaces aux associations venant en aide aux réfugiés, pour obtenir toujours plus d’expulsions de la part du gouvernement français.

Pourtant, le démantèlement du camp est lancé depuis quelques semaines, le préfet de Mayotte, François-Xavier Bieuville, souhaitant réussir à « tenir les délais ». Jeudi 14 mars, ce sont une dizaine de tentes et une cinquantaine de migrants qui sont « évacués », alors qu’une centaine de personnes l’ont déjà été la semaine passée. A ce jour, il reste encore près de 200 immigrés qui y vivent dans des conditions inhumaines.

En quelques mois seulement, le camp de Cavani est devenu le symbole de la bataille des réactionnaires de l’île contre l’insécurité et l’immigration illégale au mépris des vies des réfugiés présents sur place. Les élites locales se font elles aussi le relais de ces discours et des propositions les plus xénophobes pour assimiler le problème de l’insécurité à celui de l’immigration. Au début du mois, le Canard Enchaîné dévoilait ainsi les propos de Ben Issa Oussenni, président du Conseil départemental de Mayotte qui appelait au retour des bagnes dans les îles alentours notamment pour les « jeunes délinquants ».

Dans le contexte de préparation d’un acte II de Wuambushu annoncé par Gérald Darmanin en février, il faut dénoncer fermement ces actions des Forces Vives, qui font des réfugiés les boucs-émissaires des problèmes de l’îles et tombent dans la xénophobie la plus abjecte.


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